L’Uni fait sa révolution

L'Uni fait sa révolution

L’Uni a plus de quarante ans. Pourquoi engager aujourd’hui cette “révolution” ?

Depuis sa création, l’Uni était une structure tout à la fois syndicale et politique, qui rassemblait des étudiants, des lycéens, des enseignants et des socioprofessionnels. Activités syndicales et politiques seront désormais clairement distinctes.Un nouveau syndicat étudiant, qui tiendra son congrès les 29 et 30 janvier, a vu le jour cette semaine : c’est le Mouvement des étudiants (Met). Il rassemble aujourd’hui dix-neuf organisations venues d’univers différents et complémentaires. Le Met aura ses propres instances, un bureau national présidé par Rémi Martial, jusque-là délégué national de l’Uni,où seront représentées plusieurs de ces associations. L’important est d’avoir un syndicat largement représentatif, et qui puisse peser lors des élections universitaires.

Et que devient l’Uni ?

L’Uni demeure, bien sûr,elle sera composée de lycéens et d’enseignants, mais elle va évoluer. L’objectif est de gagner en audience et en indépendance dans les débats sur l’éducation.Nous voulons développer une véritable expertise sur tous les dossiers concernant l’éducation et surtout l’enseignement supérieur, notre domaine de compétences, et peser sur les choix politiques engageant l’avenir des universités.Nous allons mener une vraie réforme visant à faire de l’Uni un “groupe de pression”politiquement efficace à droite, une sorte de think tank militant. Nous restons très attachés à cette dimension militante, qui a fait la spécificité de l’Uni.

Quelles sont les raisons de la création du nouveau Mouvement des étudiants ?

Il y en a trois. D’abord,nous voyons bien que, depuis 2006 et le conflit du CPE, les syndicats étudiants ont un rôle politique important, qu’ils peuvent faire fléchir des gouvernements.On pensait qu’après le CPE,les syndicats étudiants rentreraient dans le rang,mais ça n’est pas le cas.Le champ syndical ne peut pas être laissé à la gauche. Ensuite, la loi LRU (libertés et responsabilités des universités), votée en 2007, a profondément changé les règles électorales : on a désormais un système qui tend à la bipolarisation. Donc, soit on ne change rien et l’on risque de régresser, soit on décide de rassembler largement, et le Met peut profiter de ce système électoral pour augmenter sa représentativité. Enfin,nous tirons les leçons des blocages de l’an dernier : beaucoup d’associations ou d’étudiants, qui n’étaient pas engagés à l’Uni, ont pris contact avec nous.

L’Uni était une “marque” connue. Ne prenez-vous pas un risque avec la création du Met ?

L’Uni arrête clairement le syndicalisme : il n’y aura plus de liste étudiante aux élections. C’est un pari pour nous, mais avec un gros travail militant, le Met atteindra rapidement la notoriété qu’il mérite. Les élections universitaires, aux “conseils centraux” et aux Crous (centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires),arrivent dès le mois de février. L’idée, c’est que le Mouvement des étudiants soit tout de suite représentatif, donc qu’il ait des élus. Quant à l’Uni, nous voulons nous imposer comme la boîte à idées de la droite en matière d’éducation.

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Publié par Olivier Vial

Président de l’UNI et chercheur au CERU - Centre d’études et de recherches Universitaires. Auteur de "L’école malade de l’égalitarisme", et de "Radicalisation islamiste, la jeunesse prise pour cible" (à Paraître Octobre 2016)
- Ancien membre du Comité consultatif auprès du Haut Conseil de l’Education - HCE.
- Il contribue au site Atlantico et Figaro Vox.

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