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Sur le Tours de France

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Sur le Tours de France

« J’ai suivi 26 Tours de France successifs. Quant aux étapes ? J’en ai suivies 639 dans ma vie. A chaque arrivée, c’est l’article à écrire, coude à coude, avec les confrères, sous un préau d’école Le Tour c’est le bagne. » Comme écrivain ou comme journaliste sportif, Antoine Blondin a toujours eu la hantise de la page blanche qui explique ce souvenir doux-amer. Cela ne l’empêcha jamais de prendre, sur le Tour, un plaisir sans borne. Il vivait intensément la course et ses prolongements nocturnes dans lesquels il revendiquait sa part d’animations. Entre 1954 et 1982, Antoine Blondin en fit profiter les lecteurs du quotidien L’Equipe dans ses chroniques rassemblées aujourd’hui, non sans délice, par les éditions de La Table Ronde.

En tant que porteur d’encrier du Tour, Antoine Blondin exerça sans relâche, sur le Tour et ses coulisses, sa curiosité vagabonde d’enfant ; « J’ai été ce petit garçon, le nez collé à la vitre. Ce que pense cet enfant, je l’ai pensé aussi, comme j’ai attendu ce qu’il espère encore, à l’heure où la porte des chambres en veilleuse s’est refermée sur le dernier coureur. Il n’écarquille les yeux que pour chiper en fraude les confitures du prestige que les champions endormis nous ont délégué. Son innocence gloutonne est celle du bonheur. Quand il sera grand, il sera coureur ou journaliste. Ca vient de se décider là, sur-le-champ. La vie est si belle de l’autre côté de la vitre. » Par la féérie Blondinienne nous pénétrons dans le monde magique du Tour de France. Le cyclisme, allégorie du sport, est élevé par la grâce de l’écriture au rang de vertu cardinale.

Mais, ce n¹est pas tout. Ces chroniques mettent à portée de l’esprit un véritable filon littéraire. Ce recueil est un roman à part entière avec ses chapitres-étapes qui allient avec génie la littérature et le sport. De l’histoire à l’anecdote, le périple des Tours de France y est conté de manière grandiose. Il y a du Zola dilettante : « Un instinct supérieur le rendait à la seule condition humaine, qui est d’abord de rentrer chez soi si l’on peut », « c’est plutôt la juste mesure qu’il faut invoquer et l’exact miroir où se réfléchit l’image de chacun de nous. Le Français moyen s’est volontiers senti monté sur roulettes. Ca n’est pas un mal dans la mesure où le sport se doit d’élire des idoles familières ».

C’est aussi un bloc-note étincelant de la langue française. Antoine Blondin manie avec panache le style et triture avec brio le vocabulaire. Chaque titre de chronique scintille de génie : « La victoire à Ventoux », « Le régional de l’épate », « Les quatre frères en l’air », « Des goûts et des coureurs », « Qui mène me suive ! », « Le tour des miracles » etc. Chaque chronique est ciselée de main de maître avec la minutie d’un compagnon du tour de France de la littérature.

Le mot de la fin revient à La Bruyère : « Quand une lecture vous élève l’esprit, et qu’elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger l’ouvrage, il est bon ».
Sur le Tours de France, Antoine Blondin, Editions La Table Ronde, 7,00 euros.

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Publié par Sebastien

Délégué national de l’UNI
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