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Autriche : le chancelier SCHUSSEL perd les législatives

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Autriche : le chancelier SCHUSSEL perd les législatives

L’actualité européenne est particulièrement riche cette semaine, avec trois élections européennes ce dimanche 1er octobre, dont les législatives en Autriche.

Reprise de l’article de Maurin PICARD dans "Le Figaro" du 2 octobre 2006 :

" Les élections législatives anticipées, qui se tenaient en Autriche, ont accouché d’une surprise de taille. Alors que tous les sondages donnaient le parti démocrate-chrétien (ÖVP, centre droit) large vainqueur du scrutin, c’est le parti d’opposition social-démocrate (SPÖ, centre gauche) qui est sorti gagnant. Avec 35,7% des voix contre 34,2% à l’ÖVP, d’après les résultats officiels provisoires, le SPÖ décroche ainsi 68 des 183 sièges que compte le Parlement, contre 66 pour l’ÖVP.

Le chancelier conservateur, Wolfgang SCHÜSSEL, a reconnu sa défaite, dès hier soir, et a félicité le chef du SPÖ, Alfred GUSENBAUER, 46 ans. "Je sais bien que vous n’avez pas le coeur à la fête, moi non plus", a-t-il déclaré devant ses militants. "Il faudrait un petit miracle pour que les choses changent encore", a-t-il ajouté, soulignant qu’il n’avait pas l’intention de se retirer avant la nomination du futur gouvernement.

Pour Wolfgang SCHÜSSEL, cette défaite est un véritable fiasco. A la tête du gouvernement autrichien depuis le 4 février 2000, il avait connu une première réélection triomphale, lors des législatives de novembre 2002, avec 42,3% des voix. La surprise est d’autant plus grande que le chancelier semblait avoi gagné son duel télévisé, le 22 septembre, face au candidat social-démocrate, l’austère Alfred GUSENBAUER, pourtant moins à l’aise en public et moins populaire.

Hier, soir, la presse autrichienne titrait sur le "triomphe de GUSENBAUER", sans parvenir à expliquer la déroute des conservateurs. Voilà six mois, alors que les sociaux-démocrates affichaient une confortable avance de dix points dans les sondages, un scandale politico-financier était venu compromettre leurs chances de victoire. La BAWAG, quatrième banque du pays et propriété de la confédération autrichienne des syndicats (ÖGB), proche des sociaux-démocrates, reconnaissait avoir subi des pertes énormes, estimées à 3 milliards d’euros et attribuées à des malversations. La social-démocratie autrichienne est néanmoins parveneu à inverser la tendance.

La défait du parti démocrate-chrétien précipite celle de l’extrême droite, l’ex-FPÖ de Jörg HAIDER, qui s’était hissée au pouvoir en tant que partenaire de coalition. Déjà miné par ses querelles intestines, le FPÖ s’était scindé, en avril 2005, en deux mouvements rivaux : le FPÖ radicalisé, aux mains du jeune et ambitieux Heinz-Christian STRACHE, qui a décroché hier 11,2% des voix (21 sièges), et l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ), le nouveau mouvement de Jörg HAIDER, qui a sauvé sa représentation parlementaire en dépassant d’une courte tête le niveau minimum (4,3% et 8 sièges). Les Verts restent la quatrième force du pays, avec 10,5% des voix (20 sièges).

Les grandes manoeuvres ont commencé pour dégager une coalition susceptible de gouverner le pays. Option favorite des Autrichiens, une "grande coalition rouge-noir" pourrait voir le jour entre sociaux-démocrates et conservateurs, avec Alfred GUSENBAUER comme chancelier. Elle ne devrait toutefois pas voir le jour avant plusieurs semaines."

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Publié par Philippe Morel

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