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Des universités "parkings" aux universités qualifiantes

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Des universités "parkings" aux universités qualifiantes

À l’exemple de ce qui est entrepris par certaines universités, il est possible de mieux contrôler les flux d’étudiants au niveau de la Licence, pour éviter, autant que se peut, les échecs d’étudiants ainsi que l’absence de débouchés honorables après la Licence.Un chiffre parle de lui même, celui de la proportion des étudiants français en psychologie par rapport à la totalité de ceux d’Europe : 50 %. C’est-à-dire que la moitié des étudiants psychologues en Europe sont français. Il y a comme un problème, lorsque l’on connaît la pénurie de main-d’oeuvre dans certains secteurs comme la restauration ou le BTP...

Les déboires du système français rappellent ceux du système espagnol sous Philippe II, lorsque l’or de l’Amérique avait conduit à multiplier les universités, sans souci des besoins réels en clercs, médecins et avocats dans le nouvel Empire ; cette surproduction a, dit-on, sapé durablement la société espagnole.

L’année 1968 peut être vue, en France, comme un phénomène analogue dans les discipline non scientifiques, et c’est précisément la crainte d’une révolte estudiantine qui bloque toute tentative d’imposer une sélection générale à l’entrée des universités françaises. Dans ce contexte, il est bon que des formations techniques progressives se développent, ayant des débouchés potentiels à chaque niveau successif. Mais l’Université doit aussi garder un coeur de formations générales de haut niveau, débouchant sur des métiers d’enseignants, d’ingénieurs, de médecins ou de chercheurs.

L’augmentation considérable du nombre d’étudiants dans la période 1980-1990 est le résultat direct de l’effort de démocratisation de l’enseignement secondaire qui devait mener, selon Jean-Pierre Chevènement, « 80 % de la population au niveau du baccalauréat ». La formule était trop optimiste lorsqu’on savait que, lors du service militaire, plus de 10 % des appelés savaient à peine lire. Cette formule suggérait aussi, comme but unique pour la plupart, une Université alors bien incapable de fournir des débouchés valables en si grand nombre.
Certes, les 80 % de bacheliers ne sont pas atteints et des formations techniques ont été développées, aussi bien avant qu’après le baccalauréat. Heureusement. Mais l’Université n’est ouverte sans sélection que dans ses formations scientifiques générales, où affluent librement des masses de bacheliers dans des filières mal adaptées à leurs capacités et aux débouchés mal définis.

Ces derniers, le baccalauréat en poche, pensent que ce diplôme est un sésame, que tout s’ouvrira à eux. C’est faux, et il demeure vital de le leur dire, il en va d’une question d’honnêteté. Ainsi nous pouvons mieux comprendre pourquoi 76 % de la jeunesse de notre pays aspire à être fonctionnaire. Où est passé l’amour du travail, celui d’entreprendre, le goût du risque, de créer, celui d’apprendre et d’enseigner. En bref, le goût de vivre. Nous constatons que la jeunesse se meurt, qu’elle végéte en attendant Dieu sait quoi. Et lorsque nous l’entendons, elle manifeste, casse, critique, refuse...Malgré la récupération politique par l’opposition qui prend ce prétexte pour accabler le gouvernement, cette réaction est celle d’un appel au secours, d’une génération à qui nous avions tant promis et pourtant rien fait.

Un point de vue personnel sur l’état de santé de notre Université.
Par Gabriel Alibert

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Publié par Gabriel A

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