Pourquoi la gauche étudiante s’oppose-t-elle au financement des universités en fonction de leurs performances ?

Pourquoi la gauche étudiante s'oppose-t-elle au financement des universités en fonction de leurs performances ?

Suite à la proposition du groupe de travail sénatorial de réformer les normes San Remo par un système basé sur l’activité et la performance, l’UNEF (proche du PS) a fait savoir rapidement son rejet d’un tel projet.

Bien que nous ne puissions être surpris d’une nouvelle opposition de l’UNEF à faire évoluer un système pour qu’il soit plus efficace, il est étonnant de constater que leur position va à contre-courant de la volonté des étudiants, allant même jusqu’à affirmer que l’insertion professionnelle est le plus mauvais critère de performance.

Le système actuel encourage par exemple certaines universités à inscrire au dernier moment des étudiants, notamment étrangers, afin de pallier à une baisse d’effectif. Les étudiants étant considérés dans ce cas comme une simple variable d’ajustement budgétaire. De plus, les universités ne sont pas amenées à prendre en compte de manière performante l’insertion professionnelle.

Au contraire, l’UNI souhaite une réforme du système d’attribution des moyens de l’Etat à l’université, qui puisse encourager les universités à devenir plus performantes, notamment en termes d’accompagnement de leurs étudiants vers l’emploi. C’est une attente forte des étudiants.

Ainsi, lors de son audition par le groupe de travail sénatorial, l’UNI avait préconisé que les règles de financement des universités se basent désormais sur des critères plus qualitatifs que quantitatifs. Parmi ces préconisations :

- Le nombre d’étudiants présents aux examens, qui est un critère plus réaliste de l’activité d’une université, doit remplacer celui du nombre d’inscrits en début d’année. Cela permettrait aux universités d’éviter de faire la course aux inscriptions, et aux créations de diplômes les plus farfelues dans le seul but d’obtenir une dotation plus importante.

- une augmentation de la part variable de l’allocation des moyens de l’Etat, qui se base sur plusieurs critères de performance, principalement celui de l’insertion professionnelle, en termes d’emploi et de salaire à la sortie, ainsi qu’une part plus importante de la contractualisation.

- l’UNI a également précisé que la réforme des normes San Remo devait s’inscrire dans une réflexion globale du financement des universités, qui puisse permettre un accroissement des dotations privées, en développant des systèmes de fund raising, notamment auprès des réseaux des anciens.

Partager cet article:

Chargée des relations avec la presse

Vous aimerez aussi:

1 Commentaires

Le forum sera ouvert prochainement