Strasbourg

Président des Etats-Unis !...

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Président des Etats-Unis !...

Voilà ! C’est fait, et bien fait semble-t-il. Barack OBAMA est élu depuis le 4 novembre dernier, 44ème président des Etats-Unis d’Amérique. Saluons le vainqueur, saluons le très beau démocrate victorieux, qui a su mener une superbe campagne, d’abord contre le bulldozer Hillary CLINTON, ensuite contre le vétéran John MAC CAIN, plus coriace que prévu, et sacrément beau joueur par la suite ! Saluons OBAMA, et passons à autre chose !

Car enfin, il semble que cet homme fraîchement élu, jusqu’à nouvel ordre, n’est pas encore président du Monde Unifié, mais seulement -et c’est déjà pas mal !- président des Etats-Unis d’Amérique. On pourrait ne plus le savoir ou en douter, après la campagne hystérique menée par tous nos politiques et nos médias, quelques soient les supports, quelques soient les couleurs politiques à-priori. Du PCF à l’UMP, de "L’Humanité" au "Figaro", du "Nouvel Observateur" au "Point", de TF1 à Canal +, de France Télévisions à M6, et même sur la TNT, sans oublier les radios, tout ce petit monde éclairé s’est jeté dans la bataille en France pour nous convaincre, nous, Français, qui n’avions pourtant pas le droit de voter pour cette nouvelle "icône", cette réincarnation de l’ange GABRIEL, ce rédempteur miraculeux, cet "athlète de Dieu" revenu des limbes pour nettoyer et pacifier le monde, de prier très fort ou de faire le maximum de barouf pour aider en rêves et de façon subliminale les Américains à faire le bon choix, celui des "intellectuels français" ! Quant aux francs-tireurs et aux Cassandre réalistes, haro, haro, haro ! Combien de bûchers allumés pendant la campagne de ce côté de l’Atlantique !

Et ce qui devait advenir est advenu. Dieu soit loué ! Le cacochyme MAC CAIN et sa colistière "conservatrice" -c’est-à-dire quasi fasciste- ont été renvoyés à leurs chères études, et l’ère BUSH s’achève en roues libres, jusqu’au 20 janvier 2009 prochain, date de l’entrée en fonction du nouvel élu (Elu ?).

A partir de ce moment-là, peut-être, les yeux fascinés ou aveuglés se décilleront-ils, quand le monde -ou, plus modestement, les bien-pensants français- se rendra compte que celui que les Américains ont élus est bien d’abord président des Etats-Unis, et que les mesures qu’il aura à prendre seront en priorité des mesures favorables à son peuple, à son pays, à son économie, à son industrie, à son agriculture, à ses emplois, et à sa diplomatie -en général, des mesures qui ont ou auront des conséquences néfastes ou négatives pour les économies d’Europe, puisque, même si nous sommes des alliés, nous sommes et resterons des concurrents !

Parions donc que, dans huit mois au plus, le discours follement partisan de nos journalistes et autres politiques aura singulièrement changé, et que l’Archange immaculé se sera transformé en Méphistophélès retors ! Car il est évident que passera vite à la trappe des idées généreuses et utopiques, prises sous le coup de l’émotion, celle de vouloir réguler de façon jacobine l’activité économique, financière et bancaire du monde. Sauf à ce que les Etats-Unis sombrent dans une révolution socialiste révolutionnaire -hypothèse d’école-, le libéralisme et le capitalisme de type anglo-saxon, bien que secoués sévèrement, ne seront pas remis en cause : les Etats-Unis ont trop le culte de l’initiative individuelle, de l’entreprise, du mérite, de la promotion sociale et de l’audace, pour se laisser embarquer dans un dirigisme de type latin et/ou français. Si quelques mesures seront prises, inévitablement, obligatoirement, pour dépasser la crise majeure actuelle, les fondements de l’économie capitaliste et du libéralisme ne seront pas bouleversés. L’administration BUSH sortante l’a déjà précisée, l’administration future de Barack OBAMA l’a toujours répété, au cours de la campagne, comme depuis le 4 novembre dernier. Question de philosophie, constat d’évidence !

Les Etats-Unis ne sont pas l’Europe, et surtout pas la France : lorsque l’on connait la réticence instinctive qu’ont les Américains pour l’activité de tout genre de l’Administration fédérale, ressentie comme oppressante par nature, on ne peut pas envisager sérieusement de la voir s’immiscer plus avant dans les affaires des Etats fédérés ou des citoyens américains, si chatouilleux.

Soyons sûrs en définitive d’une chose : le "génial" OBAMA saura peut-être remettre à flot son pays, réparer les erreurs, rembourser les pertes subies par les retraités américains, sortir l’armée US du bourbier irakien -pour la redéployer en Afghanistan-, c’est tout ce qu’on peut souhaiter pour son pays, pour peu que l’on aime les Etats-Unis. Mais cela se fera sans aucun doute non plus à notre détriment, et lorsqu’il vendra ses Boeing, ce sera à la place de nos Airbus ; quand il s’ingèrera dans les affaires africaines, ce sera en évinçant la France ; quand il négociera avec la Russie, ce sera à la place de l’Europe, et lorsque les Etats-Unis discuteront avec la Chine des problèmes commerciaux mondiaux, il n’entendra que distraitement les revendications de la France... Parce qu’il est et sera le président DES ETATS-UNIS, et non pas de la France ou du monde...

P. MOREL

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Publié par Philippe Morel

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