Université bloquée, précarité assurée !

Par UNI Archives

Le 25 mars 2006 à 21h11

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Voilà un mois que le centre PMF est bloqué, deux semaines que la Sorbonne est fermée et plusieurs jours que le centre René Cassin est perturbé par les agissements d’un certain nombre de pions politiques qui ne représentent qu’eux-mêmes et les organisations qui les manipulent.

Les élections des représentants étudiants au CROUS qui ont eu lieu le mercredi 22 mars sur Paris attestent cet état de fait : l’ensemble des syndicats qui animent aujourd’hui le mouvement d’humeur qui paralyse la vie universitaire n’ont pu rassembler que 10% des suffrages exprimés, alors que la majorité des étudiants se sont clairement exprimés contre le blocage en se reportant sur l’Union nationale interuniversitaire (UNI) qui remporte à elle seule près de 20% des suffrages exprimés et arrive en deuxième position du scrutin. Ce scrutin a notamment été l’occasion de vol d’urnes par des militants anti-CPE, parfois, il faut le dire, avec la sympathie des adhérents de la CGT qui étaient amenés à tenir les bureaux de vote en tant que personnel administratif. Ainsi, pour la première fois depuis le début du mouvement anti-CPE, une consultation universitaire a permi aux étudiants de s’exprimer loin des pressions qui s’exercent sur eux dans les assemblées générales, ils ont dit ce qu’ils avaient à dire : le blocage des facs, ça suffit !

Il apparaît donc avec évidence que les étudiants sont aujourd’hui des otages politiques. Ces luttes si motivées soient-elles ne justifient en rien la cessation pure et simple des cours. Lorsque la communauté universitaire se fourvoie, ce sont les étudiants qui en payent le préjudice. De fait, la perturbation du programme universitaire et l’éventuel report des partiels du second semestre met en situation de banqueroute les étudiants dont le budget n’est pas extensible : boursiers, locataires, étudiants érasmus, stagiaires et salariés. Le respect des cours et des échéances est primordial pour nous. Si cette situation ne se régularise pas de toute urgence, nous seront contraints soit à nous endetter pour financer nos études, voire à perdre l’emploi ou le stage que nous comptions décrocher pour cet été. Un diplôme est une promesse faite à ceux qui travaillent dans les livres et non pas un du à ceux qui ne travaillent pas. Une minorité d’étudiants entraînée par l’UNEF ne peut pas sacrifier nos vies et les projets que nous portons sur l’autel des intérêts politiques particuliers et particulièrement égoïstes.

L’intérêt général de la communauté universitaire, c’est-à-dire l’intérêt des étudiants en général, c’est de pouvoir sortir de l’université par le haut. Or la réussite devient impossible dans notre université. La seule issue possible que nous offrent aujourd’hui les blocages, c’est l’échec car le blocage ferme désormais l’accès aux diplômes. Et un étudiant sans diplôme est un étudiant condamné. Quand on n’a pas les moyens de s’offrir une formation qui nous garantisse l’accès aux cours et l’accès au diplôme, il faut être lucide, on n’a pas la chance de pouvoir s’en sortir. La chance passe par l’accès aux études, ce qui n’est plus une évidence ! L’égalité des chances, ce n’est certes plus la voie universitaire qui la garantie ! Et pourtant, l’UNEF, entre démagogie et escroquerie, continue de venir voir l’étudiant précaire pour le précariser davantage : un cercle vicieux par lequel l’UNEF compte bien élargir sa clientèle électorale.

La précarisation, la baisse du niveau de vie des étudiants, la dégradation des conditions de travail : tels sont les enjeux universitaires d’aujourd’hui. Tout le monde s’accorde pour les dénoncer. Mais tandis que l’UNEF et ses compères extrémistes entretiennent cet état de fait dans des perspectives électoralistes, l’UNI appelle à la mobilisation de tous en faveur d’un mieux vivre ensemble, pour que l’égalité des chances ne soit pas qu’un mirage qui se dissiperait au moment de l’atteindre.

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