Université : le blocage reconduit de justesse

Par UNI Archives

Le 22 novembre 2007 à 19h52

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Les partisans du blocus à la fac de lettres ont obtenu la reconduction du mouvementjusqu’à mercredi prochain. Le vote s’est joué à 55 voix sur 950.


La durée de vie d’un sac de couchage dans un amphithéâtre est décidément très aléatoire. Hier matin, il ne s’en est fallu que d’une poignée de voix pour que les duvets des étudiants-bloqueurs ne retrouvent leur triste quotidien au fond d’un sac sombre et étroit. Sur 950 votants, seule une faible majorité s’est prononcée pour la poursuite du blocage. 50,8 % des étudiants étaient pour, 45,1 % contre et 4,1 % se sont abstenus.

Réunis en assemblée générale au gymnase universitaire, les étudiants étaient très remontés. « Lors de l’AG de vendredi, on a dit qu’il fallait agir vite et fort, a rappelé une gréviste, micro en main. On est mercredi et qu’est-ce qu’on a fait entre-temps ? Il faut agir tous les jours, qu’on se fasse entendre constamment ! » « Il y a de plus en plus de facs mobilisées et des lycéens se sont joints aux manifestations, poursuivait un autre. Ce n’est pas le moment de lâcher. »

Réponse immédiate dans les rangs des anti-blocus : « C’est le serpent qui se mord la queue. Le gouvernement nous laisse mariner et au final on se pénalise tout seul. On pourrait très bien reprendre les cours et être actifs pour manifester contre la loi. On est suffisamment nombreux pour ça. »

« La tension monte »

Un rien provocateur, le responsable de l’Uni a encore fait monter la pression d’un cran en évoquant des « méthodes terroristes » lors des débordements à l’université de Rennes 2. « Nous sommes dans un état de droit et le blocage est illégal, argumente Benoît Crespin. Si des gens tombent dans les escaliers pendant le blocage, c’est le président de l’université qui est responsable. » Hauts cris immédiats dans l’assistance. « L’Uni se proclame porte-parole du président et s’inquiète pour nous », ironise Anaïs, de l’Unef. « Arrêtez de ne penser qu’à vous et regardez vos voisins », lance même un partisan du blocage, bien content de pouvoir poursuivre le mouvement en faisant pression sur le gouvernement.

Charlène est nettement plus déçue. Étudiante en 4e année de psycho, la jeune femme espérait reprendre les cours. « Je comprends les revendications de chacun mais je pense qu’il y a d’autre moyen que le blocage. Les manifestations par exemple. » Inquiète, la jeune femme demande à un professeur de mettre ses cours en ligne. « Ne vous inquiétez pas, répond l’enseignant. Pour l’instant, nous ne sommes encore dans des délais importants et le blocage n’est pas un drame absolu. Ce qui est plus préoccupant, c’est que la tension monte. » L’espérance de vie du sac de couchage n’en est que plus précaire.

Julien HIPPOCRATE.

Ouest-France – jeudi 22 novembre 2007

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