Victoire du non : L’Europe en perdition ?…

Par UNI Archives

Le 31 mai 2005 à 19h18

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Le résultat est donc tombé hier : c’est le Non qui l’emporte, à 54,5%, et ce sont les professeurs de la défiance qui l’emportent !

Quelle belle équipe tout de même que ces BESANCENOT, BOVE, BUFFET, FABIUS, MELENCHON, LE PEN, VILLIERS et consorts !

Quel assemblage surprenant d’altermondialistes excités et de nationalistes obnubilés par les vieilles lunes du repli sur soi ; quel modèle étrange et quelle alternative singulière ces tenants du Non vont-ils nous proposer à la place du traité constitutionnel ?

Les dernières semaines avaient été pour nous l’occasion de voir, avec « stupeur et tremblements », les porte-paroles de partis aussi divers qu’opposés que sont la L.C.R. et le M.P.F., entonner ensemble ou avec les mêmes arguments l’air du Non à l’Europe.

Ce fut pour nous plus qu’une surprise, une véritable exploration de l’irraison collective : car maintenant, que va-t-on faire, que vont-ils faire ensemble, ces vainqueurs auto-proclamés ? Envisageront-ils un gouvernement d’Union Nationale P.C.F.-F.N. ou L.C.R.-M.P.F. ?

Plus rien n’est à rejeter, toutes les hypothèses devenant crédibles après le scrutin du 29 mai. Le Grand Soir est peut-être pour demain.

Plus sérieusement, quelles conséquences tirer de ce nouvel échec du pouvoir en place ? L’électrochoc d’un changement de Premier Ministre suffira-t-il et est-ce bien cela que voulaient les français ? Jean-Pierre RAFFARIN a eu le courage de faire face aux difficultés de ces dernières années et n’en a pas reçu la reconnaissance minimum dû à un homme de devoir : fallait-il tirer sur l’ambulance ?

Les manoeuvres commencent semble-t-il : qui au poste le plus exposé de l’Etat? Sujet de délectation pour les médias déconfits tout de même, bien qu’ils soient capables d’une grande amnésie collective. Fervents supporters en majorité du projet rejeté, ils n’en tireront à coup sûr aucune conclusion et ne modifieront en rien leurs habitudes de critiques permanentes inconséquentes. Les donneurs de leçon ont encore de beaux jours devant eux.

Les manoeuvres commencent, dans tous les partis, au sein de chaque coterie, afin de se placer au mieux pour la prochaine échéance, sans qu’il ne soit tenu compte en réalité de la signification véritable de ce nouveau camouflet : Nicolas SARKOZY a pourtant semblé vouloir justement analyser la portée de ce vote sanction. La population en a assez des sempiternelles luttes d’appareils, des discours creux, des déclarations toutes faites, des annonces sans lendemain, des projets avortés et des faiblesses électoralistes. Depuis trente ans, les mêmes tiennent le pouvoir, ils sont cuits peut-être, et l’électorat a soif de renouvellement des dirigeants, avec une ouverture sur le monde réel qui nécessite l’arrivée d’hommes et de femmes de la Société civile, au fait des problèmes et des attentes des français. La fin de l’énarchie est peut-être demandée par la Nation.

De nouvelles têtes donc, pour des projets plus clairs, plus concrets, mieux assumés et mis en éxecution une fois leurs tenants élus : pour gagner une élection on ne doit pas oublier que l’électeur doit soutenir et comprendre les mesures prises et menées effectivement. D’autres pays ont su se réformer véritablement, et parfois de façon bien plus « droitière », alors que leurs gouvernements n’avaient pas l’étiquette supposée pour cela (Angleterre et Allemagne notamment…). Le courage de tenir ses choix est aussi une qualité recherchée, et appréciée par les électeurs.

Ce vote arrête de façon indéniable le processus actuel de rapprochement européen : c’est grave et préjudiciable pour la construction européenne. Mais il faut savoir rebondir, avec lucidité, en assumant ses responsabilités et en sachant proposer une alternative crédible et viable au projet semble-t-il enterré (d’autres référendums vont peut-être confirmer le nôtre). Le tout en acceptant de se présenter comme celui qui aura mis fin à cet élan, tout en faisant le nécessaire pour relancer l’élan unificateur du continent, à même de rassembler des opinions publiques certainement tenues trop longtemps à l’écart.

Nous devons nous assurer maintenant que les 24 ne nous fassent pas payer notre refus, et nous devons accepter pour cela d’examiner avec lucidité les dysfonctionnements de notre système à l’origine de ce désaveu, pour revenir auprès de nos partenaires en présentant un bilan et des perspectives réalistes et justes pour relancer la construction européenne un instant ébranlée. Rien ne serait pire qu’une parole française à priori discréditée auprès de nos partenaires !

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